Sur un banc, Tu m'as dit ...1

Sur un banc, Tu m'as dit ...1
Salut.
Comme tous les jours depuis deux mois, je m'assieds sur ce banc.
Banc blanc, banc vide.
Je m'assieds sur ce banc, mon carnet,
ma palette de crayons et une gomme dans les bras.
Dans ce carnet, dessins.
Dans cette palette, millions de couleurs.
Dans la gomme, le pouvoir de tout effacer à jamais.
Je dessine.
Ce que je vois.
Comment je vois cette foutue ville de Magdeburg.
Généralement, les gens passent dans mon dos,
se penchent par-dessus mon épaule
et jettent un coup d'oeil sur mon carnet.
Mais ils passent.
Encore et toujours.
Et parfois, quelqu'un s'assoit à côté de moi, et parle.
J'écoute, en dessinant, en coloriant ma triste ville.

J'ouvre mon carnet,
passe en revue tous mes dessins
et prends un crayon.
Le paysage n'a pas changé,
mais ses détails, ces passants, le ciel, ça, ça change.

Je trace sur le papier des traits, petits, grands, fins, épais.
Une autre ville prend vie sous mes doigts.
Une ville noire, triste sous un ciel coléreux, irrité.
Cette fois, je sors un crayon de couleur et ...
mets en relief ce dessin tourmenté.

Ah !
Le banc s'affaisse légèrement;
je tourne la tête pour voir qui s'est assis à côté.

C'est un gars.
On aurait pu croire que c'était une fille, mais c'est un gars.
Je le sais, c'est tout.
Comment ?
Allez savoir.


Ses cheveux noirs, raides, lui tombant sur les épaules,
cachent une partie de son visage.
Il porte une casquette; des grosses lunettes de soleil.
Sans doute quelqu'un de connu ...

Je me fiche de savoir qui c'est.
Il me plaît bien, par contre ...
Sans me soucier de ce que je fais,
ma main s'agite, le crayon virevolte sur le papier.

J'ai dessiné ce que je vois.
Le mec.
Il tourne la tête.
Étonné ...

Lui: Tu m'as dessiné ?
moi: Oui. Pourquoi ?
Lui: C'est quoi ton nom ?
moi: Mon nom n'a pas d'importance.

Il baisse ses lunettes.

Lui: *bougonnant* Mmmm ... J'en ai marre, marre, marre ... MARRE !
moi: *en dessinant plus précisément son visage* Crie un coup, mais active-toi.
La seule chose à faire, c'est agir.
Lui: Mouais, enfin ... On sait pas toujours quoi faire ...
moi: Je suis pas magicienne.
Lui: Tu crois ? Je trouve que ... *regardant mon dessin* c'est faux. *smile*
moi: *plantant mon regard dans le sien* je ne fais que dessiner ce que je vois de ce monde.
Lui: Je peux ... ? *montrant le carnet*
moi: Vas-y.

Je lui donne ce cahier, rempli d'essais, de mélanges, de couleurs, de vie.
Le plus insignifiant des détails, je l'ai tracé.
Défile au gré des pages, des centaines de formes, un tourbillon de couleurs ...

Il tombe sur la ville "d'aujourd'hui". Noire, dénuée. Mélancolique.


Lui: C'est ... superbe.
moi: Nan, c'est juste parce que tu le ressens comme ça ...
C'est parce que toi, tu es triste ...
Lui: Dans ce cas, toi aussi, t'es triste.
moi: ... Triste ?


ça vous plaît ?
Texte par moi.

# Posté le samedi 07 juin 2008 09:34

Modifié le dimanche 15 juin 2008 07:14

2

Mus!c

Il se lève.
Appelé par un autre type.
Puis la douleur.
Encore.
Plus fort.
La peine qui s'enfonce dans mes veines comme des griffes.
La douleur.
Encore.
Toujours, toujours plus forte.
...
Mon ventre.
Mal.
J'ai mal.
Ne me laisse pas, s'il te plait.

Lui: Qu'est-ce qu'il y a ?
moi: ...
Lui: Qu'est-ce qu'il y a ? *insistant*

Je ferme les yeux.
Ça s'intensifie.
Alors, je ne pense plus qu'à une chose.
Mes couleurs.
Elles sont parties.
Je ferme les yeux.
Non, pas mes couleurs ...
Je veux pas revivre dans un monde de noir et blanc ...
NON !

Lui: Bon sang, qu'est-ce que t'as ?

Ses yeux se posent sur mes mains.
Crispées sur mon ventre.

moi: Je n'en peux plus ... Désolée. J'ai trop mal. Mes couleurs m'ont quittée.
Lui: Hein ?! ... Merde ... *s'adressant aux passants* Est-ce que quelqu'un a un portable ? S'il vous plaît, elle ...

Personne ne veut.
Parce que tout le monde se fiche de savoir que je meurs.
Parce que le monde refuse de comprendre qu'il a besoin de gens comme moi.
Comme Lui.
Parce qu'Il pense que nous sommes inutils.

Maintenant, Il n'est plus que formes indistinctes, lumières et ombres ...
Sans aucune couleur.
Lui.
Lui est agité, est panique.

Ne t'inquiète pas.
De toutes manières, aujourd'hui,
n'est pas mon dernier jour.
Non, parce que je l'ai décidé.

Et jusqu'à ce dernier jour arrive,
je devrais supporter ce mal.
Cette douleur.
Cette peine.

Lui: Eh, écoute-moi, dis-moi. Pourquoi as-tu mal ?
moi: Pour que le Monde puisse continuer de se corrompre.


Suite ?
Texte par moi.

# Posté le dimanche 08 juin 2008 07:18

Modifié le dimanche 15 juin 2008 07:14

3

Je me penche un peu plus en avant.
J'ai l'impression que mes entrailles se retournent.
Alors Lui le fait.

Lui, il pose sa main sur ma tête.
Lui, est impuissant.
Lui, comme moi.

C'est pas un geste d'amour.
Juste ...

Lui, compatit.
Lui, voit la douleur dans laquelle je suis.
Lui, ne se fiche pas éperdument de moi.
Lui, pense peut-être que j'ai besoin d'aide.

Alors peu a peu,
Lui prends mon carnet.
Et colore,
la ville d'aujourd'hui.

Elle est d'or, de rouge, de brun,
une vague d'éclats de lumières.
Lui, il me la montre.
Cette ville aux couleurs d'automne.

Je ferme encore les yeux.
Quelque chose sous ma main.
Du papier lissé par la couche de crayon.
Lui, il m'a remis ce qu'il voyait.

Mais, Lui s'en va.
Peut-être que j'ai un peu moins mal.
Peut-être qu'un jour,
la sentence se lèvera.

La douleur reprend le dessus.
Je crache ce que je peux.
Pour expier la faute des autres.
Parce qu'Il ne sait pas sacrifier,
moi je le fais.

Moi, je le fais parce que je suis née pour ça.
Parce que les gens pensent que je ne sais faire que ça.
Cracher mon sang.
POUR EUX.

suite ?
Texte par moi.
3
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 08 juin 2008 07:26

Modifié le dimanche 15 juin 2008 07:14

4 - Parce que Lui ne s'en fiche pas

4 - Parce que Lui ne s'en fiche pas
Mus!c


C'est fini.
Maintenant, tout de suite, là.
Je regarde ma ville mélancolique,
maintenant couverte de riches couleurs.

La fille pathétique, assise sur un banc.
Lui ne l'a pas coloriée.
Elle reste noire et grise,
contraste avec les magnifiques touches d'automne.

Elle reste seule.
C'est moi.
Lui ne l'a pas coloriée.
Juste les yeux.
Verts.

Brillants, pailletés.
Des milliers d'étoiles dansant dedans.
Deux petits points de vie,
sur ce corps décharné.

Alors des larmes,
froides et silencieuses,
coulent, ruissellent,
le long de mes joues.

Oui, peut-être qu'un jour,
la sentence se lèvera.
Et je n'aurais plus besoin de souffrir.
Je n'aurais plus cette peur cachée en moi.

Cette peur de voir
surgir la douleur.
Cette peur de voir
tant de sang sortir.

Oui, cette peur m'aura quittée.
Et peut-être que j'aurais l'occasion de Le revoir.
Lui.
*A BIG HAPPY SMILE ON YOUR FACE*


suite ?
Texte par moi.

# Posté le dimanche 08 juin 2008 07:33

Modifié le dimanche 15 juin 2008 07:14

5

Une semaine.
Deux.
Un mois.
Deux.

Une guérison ?
Je ne dirais pas ça.
Une douleur ne s'efface jamais complètement.
Comme Ses couleurs.

Je me contente de m'asseoir sur ce banc.
Banc blanc, mais plein de vie, maintenant.
Grâce a Lui.
Je Le sens tous les jours.

Assis à côté,
Ses yeux figés par terre.
Mais ces fois-là,
Lui, il sourit.

Sans doute,
le plus beau sourire qui puisse exister.
Ne t'arrête pas, Ange.
Souris pour moi.
suite ?
Texte par moi.
5

# Posté le dimanche 08 juin 2008 07:45

Modifié le dimanche 15 juin 2008 07:14